12.1.17

1139 - En musique, bis

Ceci est un addendum au post précédent : pour mieux voir, écouter, admirer les groupes dont je te parle ci-précédemment, tu vas pouvoir aller

- demain vendredi 13 au Taquin, à Toulouse (ex-Mandala, rue des Amidonniers), écouter 2h30 de concert de Mee&Mee - en plus, c'est pour financer leur nouvel album, c'est te dire si ça va être bien ;

- faire un tour sur la chaîne Yt de Pas plus haut pour voirécouter la performance de ReNaiqa (20', 40' et fin)

- écouter sur Bandcamp la nouvelle démo de Sundew, mais aussi te balader sur leur Yt à eux qui garde la trace de quand ils s'appelaient Eye Station Zebra.

Non, non, ne me remercie pas - mais va les soutenir, les poucevertiser, les ululer, leur dire que tu les aimes et que c'est magnifique ce qu'ils font.

J'attends des niouzes de Lisieux (croix, il faut ajouter une croix après leur nom) des fois qu'ils auraient de.



11.1.17

1138 - En musique

Enregistrant hier une nouvelle émission de Pas Plus Haut que le Bord dans la cave rock'n'roll d'un restaubar grec délicieusement louche, je me faisais la réflexion que, décidément, grâce à notre programmatrice musicale Christelle, on voyait passer par chez nous des groupes de plus en plus étonnants, novateurs et passionnants. Et que, côté folk/rock, la scène toulousaine me paraît d'une vitalité prometteuse en ce moment. Du coup, tiens, pour tes étrennes, je t'en fais profiter, des fois que tu aimes ça autant que moi.
 
Voilà déjà un certain temps qu'on a eu le plaisir de recevoir, dans un genre plus noisy, Marie Sigal et Sound Sweet Sound (je crois qu'on n'a jamais invité les doux rêveurs d'Uniform motion, que j'adore pourtant). La relève semble assurée avec trois jeunes groupes reçus récemment.

Lisieux, d'abord, bricoleurs géniaux d'une pop planante et éthérée, qui rappelle Dead Can Dance ou des trucs que tu connais mieux que moi parce que tu n'es pas un vieux ; leur énergie sur la scène improvisée de l'Autruche nous avait laissé un souvenir brûlant. J'ai adoré leur son entièrement bricolé via un ordinateur, et leur façon d'utiliser la voix comme un instrument à part entière. On espère les retrouver bientôt - ils avaient promis un album, non ?

C'est chez les voisins de la Mécanique des fluides qu'on a découvert un peu avant Noël  Re Naiqa, avec une chanteuse dont les inventions mélodiques rappellent Kate Bush et des compositions d'une originalité radicale. Sans parler du fait qu'ils écrivent certains morceaux dans une langue inventée... Il me tarde de les entendre en concert - comme pour beaucoup de ces "petits" groupes, les Bandcamps et autres sites ne servent qu'à te donner une idée, il faut les voir sur scène pour partager la rage joyeuse qu'ils transmettent et, surtout, saisir un instantané de leur créativité bouillonnante.

Hier soir, c'était au tour de Mee and Mee, qui nous a transportés. Après deux albums en solo (disponibles sur Bandcamp, et qui valent le détour), Fanny, la chanteuse prodige, a adopté une covocaliste d'une impressionnante maturité et un bassiste à la nonchalance mélodique pleine d'élégance. Ne reculant devant aucune expérimentation, sauvage, enjoué, le trio nous a bluffés par sa maîtrise, ses compositions ciselées, son énergie et sa puissance. Là aussi : on veut vous revoir très vite !

Pour faire plaisir à ma copine S., j'ajouterai un dernier groupe qui n'a pas la chance d'être toulousain, mais dont je suis la progression depuis quelques mois parce que j'adore quand c'est doux dans les oreilles. Sauf que comme Eye Station Zebra est je crois en cours de changement de nom, je t'en reparlerai une prochaine fois.

En attendant, inspiré par les voeux prononcés hier par l'infâme Amédée Scatoufailh, je me permets de conclure par un tout petit



Et meilleurs voeux, hein.





3.1.17

1137 - Untimely ou presque

Aujourd'hui, 3 janvier, j'ai 45 ans

Je viens de traduire dix feuillets d'un roman policier prometteur,

hier soir j'ai répété basse choré spectacle,

un mouvement commun joyeux et anarchique,

ce soir nous jouons au Bijou ;

la musique s'est mise en place,

je vis entre bois, chaux et verdure dans une belle ville

un roman pousse doucement dans les soirées paisibles. J'aime les miens, ils me donnent la force d'aimer plus loin que moi.


Bien sûr je ne suis pas en avance, bien sûr je n'ai pas encore eu le temps de te souhaiter comme il faudrait la bonne année
bien sûr mon coeur frissonne encore du départ des ombres chères
bien sûr il ne faut pas tenir un instant suspendu pour la paix ou le bonheur
bien sûr tout passe mais

un jour, longtemps avant ce jour-là, j'avais rêvé d'une vie nouvelle,
et ce 3 janvier, vers le milieu de ma vie j'espère,
j'étais -

bon, j'y étais, voilà. J'ai un peu grandi, encore. J'y suis.

Je t'embrasse

23.12.16

1136 - De Noël, 6

Décennale

Et c'est là, en fouillant, que je m'en rends compte : j'ai raté cette année les dix ans de ce blog. Si, si - il avait commencé le 24/10/06, par un post interminable qui parlait de liste des courses.

Malgré les dix pages de traduction qui m'attendent ce matin avant les vacances, je me promène un peu sur ce moi d'avant, celui qui préparait le moi d'aujourd'hui. Le mépriserait un peu, peut-être, pour certaines compromissions. Envierait la presque stabilité qui. Se demanderait ce que sont devenus quelques-uns des amis. Aimerait toujours autant, toujours pareil, toujours foutraque, son Anton et son Zadig.

Au fil des posts, je trouve cette phrase, au début,

Je suis en grande convalescence des sentiments. 

Ca fait dix ans que j'apprends à écrire. Au moins, maintenant, je fais plus court.



 

22.12.16

1135 - Rafal de Nadal, 5 (ça va finir par faire un calembour pourri, oui)

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Je sais pas toi, mais je ne lis jamais les trucs en petits caractères. Bref, te voilà informé par l'UE et tout ce genre de choses.

Sinon, dans les choses bien, je réponds aux questions de Brice en citant ce blog.
C'est dire si.


21.12.16

1134 - Rafales de, 4

La troupe à l’œuvre

Hier soir, en sortant de l'Autruche, on se demandait comme chaque fois si ça faisait sept, huit ou dix ans qu'on se connaissait, qu'on faisait les clowns ensemble dans les bars une fois tous les quinze jours ; on s'est dit qu'on était vieux - on ne titubait même pas dans la rue.

Moins besoin de cacher les battements du coeur sous les litres de bière ? Un peu d'expérience, à force, qui nous permet de filer droit en évitant les écueils ? Bref, une sacrée bande de, qui fonctionne et grandit depuis un bout de temps.


Pour le côté égo, tu m'y verras aux alentours de la 50e, avec un personnage que j'aime de plus en plus - sponsorisé, côté vestimentaire, par mes immenses Anton et Zadig.

19.12.16

1133 : Rafales de Noël, 3 - photos de la lumière



Triple distillation : La 2CV au crible de Judith Vanistendael et Pierre Dumas, du restaurant La Maison (ph.MA Dubreuil)



Il y a eu, entre toutes les rencontres, ce moment au festival des Littératures de Cognac, avec Pierre et Judith - une autre façon de raconter l'histoire de Marion, du petit et de la 2CV verte (j'attends encore de goûter la recette concoctée par Pierre). D'ici là, voilà comment Judith a vu Marion.


1132 - Rafales de Noël, 2 : une idée-cadeau

Les à-côtés de l'apocalypse

Trop habitué à Walking dead, tu crois encore naïvement que les survivants de la fin du monde passeront leur temps à lutter, à se battre, à se planter dans le crâne des battes de base-ball munies de barbelés. Tu crois encore que des hommes justes, droits, virils et taciturnes se chargeront d'organiser la survie de groupes aux aspects de famille bourgeoise.

Mais non, bien évidemment. Les hommes et les femmes feront du théâtre. Ils tenteront de recréer du lien entre les poches lointaines d'humanité.

Ils joueront du Shakespeare entre des avions immobiles.

C'est ce que raconte le magnifique Station Eleven d'Emily St John Mandel, canadienne au nom à rallonge et à l'écriture d'une brillance absolue.

Alors bien sûr il y aura des réminiscences de ce passé mythique - l'époque des emails, de l'électricité, l'époque où un acteur nommé Arthur Leander fascinait l'Amérique par ses frasques ; et les derniers soubresauts de cette ère aussi morte que celle des dinosaures agiteront encore l'étrange printemps de cette civilisation balbutiante.

Mais tu liras le passage du temps, ses soubresauts dans le rythme changeant du récit ; tu liras les à-côtés de l'aventure. Les petits riens, les regrets, les accrochages idiots entre les membres d'une troupe qui s'adorent et se détestent à la fois. La façon dont chacun apprend à oublier ce qu'il fut. Bref, tu liras le futur de l'humanité - qui ressemble d'ailleurs à son passé, à son présent, dans des circonstances différentes.

Tu liras un roman superbe, d'une originalité et d'un souffle impressionnants, qui dans un monde de plus en plus marqué par le retour à la brutale bêtise rappelle que la beauté, la poésie et l'intelligence finissent toujours par trouver leur chemin, comme des mauvaises herbes qui fissurent l'asphalte et le béton usés.

1131 - Rafales de Noël, 1

Lettre de relance pour une créance (modèle déposé)

 
Coucou,
Noël approche et
je n'ai toujours pas vu
passer le règlement
de la facture qui.

Oh, cadeaux, espoirs et fête

Reflet lointain de l'étoile
dans l'oeil de l'auteur
affamé

des,

Manu



(envoyé ce jour à la bibliothèque de..., que j'adore)

18.10.16

1130 - Des gratitudes

Chéplukoicé
1. Percher

Il m'arriva tout récemment de marcher dans l'automne, entouré d'enfants et d'amis ; les pierres étaient sèches, la mousse des arbres accueillantes. Je m'y suis crinqué - pour te dire à quel point je retournai à la nature, ce mot-là me revint.
Il faut se rappeler de temps à autres que grimper dans un arbre reste une formidable expérience.
À condition d'en redescendre - et encore.

2. Agenda

 Oeuvrer avec 14 collègues de littérature jeunesse à un projet de nouvelles en commun ; remettre à plus tard l'exploration du Trou de balle (une opération littéraire dont je te parlerai un autre jour) pour se pencher sur un roman peut-être moins sombre et tortueux, dont le titre provisoire mais que j'adore sera Oublier mon père ; commencer la saison des salons, avec lectures musicales à Parisot, rencontres en tous genres à Cognac, puis autour de Toulouse ; réfléchir à ce que serait un atelier d'écriture intitulé Une heure pour devenir écrivain.
Bref, de belles heures à venir ;  je cherche un mot plus joli que gratitude (qui me fait penser à des moustiques au coin des articulations).

3. Ain't got any frigging poetry left 

L'heure vint comme chaque soir
D'arracher les liens illusoires
Pour regagner ce doux insupportable
Qu'il nommait vie et pensait mort.